Double encollage du carrelage mural : éviter les poches d’air sans surcharger le mur
Le double encollage du carrelage mural consiste à appliquer la colle sur le mur et au dos du carreau. Son intérêt n’est pas de doubler l’épaisseur, mais d’obtenir un contact homogène, avec moins de vides. Il est particulièrement utile pour certains grands formats, sans remplacer la préparation du support ni les prescriptions de pose propres au carrelage choisi.
Simple ou double encollage : choisir selon le carreau et le support
En simple encollage, la colle est répartie uniquement sur le mur. En double encollage, on ajoute un beurrage fin et continu au dos du carreau. Cette couche remplit les reliefs de l’envers et facilite le transfert entre le mortier-colle et la céramique. Une petite faïence peut être posée en simple encollage lorsque le système retenu l’autorise ; un grand carreau demande davantage de vigilance.

Le bénéfice dépend toutefois du geste : deux surfaces enduites mais mal mises en contact peuvent conserver des poches d’air. Le double encollage ne rend pas non plus un mur friable suffisamment résistant pour porter un revêtement lourd.
Ce que le DTU 52.2 permet de vérifier
Le DTU 52.2 encadre la pose collée dans son domaine d’application. Les conditions de double encollage dépendent notamment de la surface du carreau, de sa nature, de son absorption, du support et de l’environnement. Il faut consulter les dispositions correspondant précisément au chantier, ainsi que les prescriptions du fabricant.
Les seuils de 900 cm² et de 1 200 cm² ne doivent donc pas devenir des règles universelles. Un carreau de 30 × 30 cm représente 900 cm², un 40 × 30 cm représente 1 200 cm² et un 35 × 35 cm atteint 1 225 cm² : la surface compte, mais elle ne suffit pas à déterminer seule la méthode autorisée.
Pour les plaques minces, les formats XXL ou une pose murale extérieure, vérifiez aussi que l’ouvrage entre dans le domaine d’emploi du système choisi. Ajouter de la colle ne permet jamais de dépasser ses limites de format ou de poids.
Préparer un mur capable de recevoir le revêtement
Le support doit être solide, propre, suffisamment sec et plan. Retirez poussière, graisse, parties non adhérentes et résidus gênant l’accrochage. Contrôlez également l’aplomb : un mur incliné peut être plan, mais compliquera les raccords avec les meubles, les angles et les équipements sanitaires.
Le repère de 3 mm maximum sous une règle de 2 m constitue une exigence de planéité à vérifier selon le système concerné ; certains grands formats demandent une préparation plus exigeante. Corrigez les défauts avec un enduit de dressage compatible, plutôt qu’en accumulant du mortier-colle derrière les carreaux.
- Plâtre ou plaques de plâtre : vérifiez leur état, les charges admises et la compatibilité de la colle.
- Support poreux : appliquez le primaire prescrit pour réguler l’absorption, sans improviser un mouillage.
- Mur peint ou ancien carrelage : contrôlez l’adhérence du revêtement existant, puis réalisez la préparation prévue pour cette rénovation.
- Zone exposée à l’eau : prévoyez la protection à l’eau ou l’étanchéité requise ; la colle et les joints ne la remplacent pas.
Un primaire n’est pas un consolidant universel. Si le support s’effrite, présente une humidité persistante ou porte un ancien carrelage décollé, traitez d’abord la cause avant d’envisager la pose.
Associer la bonne colle au bon peigne
Choisissez un produit explicitement compatible avec la pose verticale, le support et le carreau. Les mortiers-colles C1 et C2 correspondent à des performances d’adhérence différentes, C2 désignant une adhérence améliorée. Les mentions S1 et S2 concernent la déformabilité ; elles ne sont pas automatiquement nécessaires pour tout double encollage.
Les colles en dispersion D1 ou D2, prêtes à l’emploi, ont leurs propres limites d’usage et de séchage. Elles ne sont pas interchangeables avec un mortier-colle. Pour du grès cérame peu absorbant ou de la pierre naturelle, vérifiez soigneusement la compatibilité annoncée. Au mur, une résistance au glissement adaptée facilite aussi le maintien.
| Situation | Point à vérifier | Choix du peigne |
|---|---|---|
| Petite faïence sur mur régulier | Simple encollage éventuellement autorisé | Denture fine, en V ou autre profil prescrit |
| Grès cérame de format plus important | Mortier-colle et double encollage adaptés | Denture en U selon la fiche technique et le transfert constaté |
| Grand format ou plaque mince | Système de pose validé et manutention adaptée | Profil spécifique recommandé par le fabricant |
Les dentures en U de 6 à 12 mm couvrent différents besoins, mais aucune taille n’est universelle. Un peigne demi-lune DL20 ne se choisit pas simplement parce qu’un carreau est grand. La denture détermine un volume déposé, pas directement l’épaisseur finale : celle-ci dépend de l’écrasement des sillons et doit rester dans les limites du produit.
Prévoyez une lisseuse, un malaxeur, un niveau, des croisillons, les outils de découpe et, si nécessaire, des ventouses. Pour estimer la quantité de colle, utilisez la consommation annoncée pour le peigne et le double encollage retenus, plutôt qu’un forfait identique pour tous les formats.
Réaliser la pose en conservant des chemins de sortie pour l’air
- Préparez le départ. Tracez le calepinage et installez un appui temporaire adapté si nécessaire. Anticipez les coupes, les joints et les raccords.
- Préparez la colle. Respectez le dosage d’eau, le malaxage, le repos éventuel et la durée d’utilisation indiqués. Ne rajoutez pas d’eau à un mélange qui commence à prendre.
- Encollez le mur. Étalez une couche de contact, puis peignez une petite surface avec des sillons droits et parallèles. Évitez les arcs et les croisements.
- Beurrez le carreau. Recouvrez tout son dos d’une couche fine, en remplissant les reliefs. N’appliquez pas seulement des plots ou des touches dans les angles.
- Posez et ajustez. Pressez avec un léger mouvement transversal aux sillons pour les écraser. Contrôlez l’alignement et nettoyez les excédents dans les joints.
Si le procédé prévoit aussi un peignage au dos, orientez ses sillons dans le même sens que ceux du mur. Le but reste de permettre à l’air de sortir, et non de former un quadrillage fermé.
Pour la manutention, pensez au principe d’une poulie : reprendre le poids aide à maîtriser le mouvement, mais ne crée pas l’adhérence. Des ventouses adaptées et un appui de départ permettent de positionner le carreau sans chercher à le retenir uniquement par la colle fraîche. Vous pouvez alors consacrer votre effort à l’écrasement régulier des sillons, plutôt qu’à empêcher le carreau de glisser.
Contrôler le transfert avant que la colle ne durcisse
Soulevez un premier carreau fraîchement posé pour examiner son envers et le mur. La colle doit être largement et régulièrement transférée, sans grandes zones intactes ni sillons restés debout. Vérifiez particulièrement les bords et les angles. Recommencez ce contrôle lorsque le format, la consistance ou les conditions de travail changent.
Si le transfert est mauvais, recherchez la cause : peigne inadapté, pression insuffisante, support irrégulier ou colle ayant formé une peau. Une colle croûtée doit être retirée et remplacée, pas simplement recouverte. Réduisez la surface encollée pour rester dans le temps ouvert.
Un carreau sonnant creux après séchage mérite un examen, mais le son seul ne mesure pas précisément l’adhérence. Le contrôle pendant la pose reste plus instructif. Avant le jointoiement, respectez le délai du fabricant : environ 24 heures est un repère courant, non une garantie valable pour tous les produits et toutes les conditions.
Pour des carreaux lourds, des plaques XXL ou un support incertain, faites valider la solution par un carreleur. Son intervention doit porter autant sur la capacité du mur et le système de pose que sur le double encollage lui-même.
- Tomettes anciennes : un nettoyage doux sans décaper leur patine - 1 novembre 2026
- Nettoyer les joints de carrelage de douche noircis sans les abîmer : le bon produit selon la tache - 31 octobre 2026
- Carrelage mural pour WC : le format et la finition qui agrandissent un petit espace - 30 octobre 2026



